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La version de l’hymne espagnol qui dérange

Avec la Bosnie, Saint-Marin et le Kosovo, l’hymne espagnol est l’un des rares au monde à être dépourvu de paroles. En effet, le pays utilise une mélodie instrumentale, la Marcha Real, en guise d’hymne national. Il s’agit d’une marche militaire composée en 1770 sous le règne du roi Carlos III. De nombreuses tentatives ont été effectuées au cours des siècles afin d’instaurer des paroles officielles à l’hymne, dont la plus récente a fait l’objet de nombreuses controverses.

Les nouvelles paroles de l’hymne espagnol par Marta Sánchez

Célèbre dans tout le pays, la chanteuse Marta Sánchez avec ses 30 ans de carrière musicale a chanté des paroles avec la Marcha Real. Poussé par un sentiment de nostalgie de sa terre natale alors qu’elle se trouvait à Miami aux Etats-Unis, elle a rajouté des paroles très sentimentales et patriotiques à l’ancienne marche militaire. Cette version a rapidement fait le buzz au sein des réseaux sociaux. Si la chanteuse en elle-même n’est pas la véritable proie des polémiques, l’éventuelle officialisation de ces paroles est au cœur de tous les débats.

L’approbation des conservateurs

Suite à l’initiative de la chanteuse, les membres du parti conservateur, menés par le Premier Ministre espagnol Mariano Rajoy se sont montrés très enthousiastes. Ce dernier a personnellement salué cette version de l’hymne espagnol revisité via son compte Twitter. Il a affirmé que la majorité des espagnols se sentaient représentés par ces paroles et qu’ils pouvaient en être fiers.

A part celui du chef du gouvernement, cette version de l’hymne national a également suscité la complaisance du leader du parti centriste Ciudadanos, Albert Rivera. Pour manifester davantage l’intérêt pour cette version de l’hymne, l’on a constitué une plateforme citoyenne sur Change.org afin que ces paroles soient chantées par Marta Sánchez elle-même lors de la finale de la Coupe du Roi de football le 21 Avril 2018.

Un refus des socialistes et nationalistes

Cet hymne espagnol revisité n’a pas attiré la reconnaissance de toutes les parties. A commencer par le parti socialiste qui s’est exprimé par l’intermédiaire de sa porte-parole Carmen Calvo en affirmant que « L’hymne espagnol n’a pas d’hymne. Un point c’est tout. ». Il en est de même pour Pablo Iglesias de la formation Podemos qui rappelle que malgré les talents de la chanteuse, le plus important dans le patriotisme est le service public et non les chansons et les drapeaux. Ils se reposent surtout sur le fait que les symboles actuels de l’Espagne ont tous été hérités de la dictature de Franco.

Rubén Amón, éditorialiste du journal El País a particulièrement accusé le chef du gouvernement de vouloir monopoliser le patriotisme en acceptant ouvertement cette version de l’hymne national. Il avance que cette initiative est un réel obstacle dans la lutte contre les séparatistes du fait que la situation dans la crise catalane actuelle est encore très délicate.

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